DE -20 000 A 1578

I/ Evolution du littoral d’Anglet à travers la côte aquitaine de -20 000 à 1578:

-Pour mieux appréhender la situation géologique dont nous héritons aujourd’hui, il est nécessaire de remonter 22 000 ans en arrière. Le dernier maximum glaciaire (Würm), c’est la dernière grande période froide en Europe! Il faut imaginer qu’en ces temps-là, notre région est recouverte de glace, des icebergs croisent au large de la côte, des mammouths colonisent les plaines et nos ancêtres réalisent des peintures rupestres sur les parois des grottes qui les abritent!

Carte colorisée de Michel Ravel, mettant en relief les limites entre la terre et la mer il y a 22 000 ans lors du dernier maximum glaciaire.
Carte colorisée de Michel Ravel, mettant en relief les limites entre la terre et la mer il y a 22 000 ans lors du dernier maximum glaciaire.

L’océan a cédé un maximum de terrain et se situe à 120 mètres en dessous de son niveau actuel. La côte angloye est rejetée à une douzaine de kilomètres à l’ouest de la pointe St Martin. Le littoral se présente comme une côte rocheuse, nourrie par du sable provenant des précédentes glaciations. Mais ces sédiments sont présents dans des quantités bien moins importantes que celles qui vont suivre. (Carte A)

Puis, il y a 18 000 ans, débute le dernier réchauffement climatique, appelée en Europe « transgression flandrienne« . Cette transgression se traduit par une montée rapide du niveau de la mer qui va passer en 13 000 ans de -120 mètres à -10 mètres. Le plateau continental, en jaune sur la carte A, va progressivement se trouver submergé par l’océan. (Carte B)

Carte B colorisée de C. Mignot et J. Lorin représentant les différents littoraux du golfe de Gascogne au cours des 20 derniers millénaires(1)
Carte B colorisée de C. Mignot et J. Lorin représentant les différents littoraux du golfe de Gascogne au cours des 20 derniers millénaires(1)

Durant cette grande période de réchauffement, d’énormes quantités de sable issues des glaciers vont être libérées et charriées jusqu’à la côte par les fleuves et les rivières. Des plages de sable et des dunes vont se former sur toute la côte Aquitaine, poussées par la dérive littorale depuis la pointe de Grave en Médoc jusqu’à la pointe St Martin sur la côte basque.(Schéma C)

Le schéma C représente la dérive littorale en chiffres avec la "Direction et capacité du transit littoral annuel en mètres cube sur la côte aquitaine".(Laboratoire Central Hydraulique de France, LCHF 1979)
Le schéma C représente la dérive littorale en chiffres avec la « Direction et capacité du transit littoral annuel en mètres cube sur la côte aquitaine ».(Laboratoire Central Hydraulique de France, LCHF 1979)

Puis, il y a 7 000 ans, la montée du niveau des océans ralentit lorsque le volume des glaces se trouve en équilibre avec le climat. Depuis, il remonte lentement à un rythme moyen de 1.5 à 2 mm par an sur les côtes de Europe de l’ouest avec une petite accélération depuis la dernière grande guerre.(0)(2)
Durant le début de cette période de stabilisation, le sable continue d’affluer sur la côte. Malgré des pertes importantes durant son parcours de dérive littorale, une partie du sable arrive jusqu’aux plages d’Anglet qui se présentent comme le grand « terminus » de ce voyage (schéma D). Les premiers contreforts des Pyrénées, marqués par la pointe rocheuse de la Chambre d’Amour et la pointe Saint Martin vont ainsi se dresser comme un rempart naturel au prolongement de cette dérive. Au fil des siècles, le sable va s’accumuler progressivement contre ces falaises rocheuses.

La carte D représente les premiers contreforts nord Pyrénéens sur la côte basque (en violet). Les falaises au sud des plages d'Anglet se présentent ainsi comme l'obstacle final à la dérive littorale aquitaine.
La carte D représente les premiers contreforts nord Pyrénéens sur la côte basque (en violet). Les falaises au sud des plages d’Anglet se présentent ainsi comme l’obstacle final à la dérive littorale aquitaine.

Au début de notre ère, il y a environ 2000 ans, les stocks de sable portés par les fleuves jusqu’à l’océan se réduisent sensiblement suite à la diminution de la taille des glaciers. Malheureusement, le volume de sable qui dérive le long de la côte aquitaine reste, lui, inchangé. C’est ainsi que les plages entrent progressivement en érosion, phénomène naturel qui ne cessera d’augmenter au fil du temps. Toutes les plages? Eh bien non, pas les plages d’Anglet! De par leur situation géographique privilégiée, elles voient toujours arriver des Landes d’importantes quantités de sable, qui s’accumulent ensuite contre ses falaises: ici, l’érosion de la côte sableuse n’a pas lieu d’être!

 

Le sable littoral, un bien précieux à préserver!