DE 1578 à 1896

II- Evolution de la côte angloye de 1578 à 1896:

L’Adour qui se jetait probablement entre Capbreton et Bayonne durant le dernier réchauffement climatique (voir première partie), va se retrouver obstruée à plusieurs reprises par ce cordon dunaire mobile et va divaguer le long de la côte jusqu’à Vieux Boucau provoquant l’intervention de l’homme au 16 ème siècle pour des raisons économiques.
D’après les recherches de F. Jaupart (3), la digue de Foix, d’une longueur de 290 mètres, est construite en 1578 au lieu dit « le Trossoat » à Boucau. Elle fait barrage au fleuve en le rejetant vers la mer par un canal d’une longueur de 1800 mètres ouvert à l’ouest. La nouvelle embouchure se situe ainsi approximativement au niveau de la capitainerie actuelle.

A- Des cartes qui parlent:

Peinture E: en 1612, Nicolas Flanbergue pose sur la toile la situation de l'embouchure du fleuve 33 ans après son détournement. L'ancien lit de l'Adour délimité d'un côté par la digue de Foix est proche de sa nouvelle embouchure mais cette impression reste empirique.(21)
Peinture E: en 1612, Nicolas Flanbergue pose sur la toile la situation de l’embouchure du fleuve 33 ans après son détournement. L’ancien lit de l’Adour délimité d’un côté par la digue de Foix est proche de sa nouvelle embouchure mais cette impression reste empirique.(21)

Après le détournement de l’Adour (peinture E), le transit du sable littoral s’accélère devant l’embouchure avec la formation d’un « by-pass » naturel(4). En effet, le courant de marée qui entre et sort tous les jours de l’estuaire augmente la vitesse de transfert du sable d’une rive à l’autre. De plus, les sables charriés par le fleuve viennent s’ajouter aux sables issus de la dérive littorale pour finir devant les plages d’Anglet et accélérer leur engraissement.

Carte F: extrait d'une carte issue des archives de la Médiathèque de Bayonne datant du début du 18 ème siècle et d'auteur inconnu.
Carte F: extrait d’une carte issue des archives de la Médiathèque de Bayonne datant du début du 18 ème siècle et d’auteur inconnu.

La carte F des environs de Bayonne nous éclaire sur la situation de la côte début 1700. La Pointe Saint Martin, le cap « Jette chien » pour nommer la pointe rocheuse de la Chambre d’Amour et les plages du même nom sont déjà signalés en ces temps lointains. La forêt du Pignada et la Barre de l’Adour sont aussi représentés. La côte angloye semble plus reculée qu’actuellement surtout près de l’embouchure au nord. La marche progressive des sables venant des Landes a formé une presqu’île devant l’embouchure et a rejeté progressivement le fleuve en direction du sud ouest vers la Chambre d’Amour.(5)

Vers 1761, la carte G de J. N. Bellin fait un bond technique dans la qualité des relevés hydrographiques. Les ingénieurs ont pris le temps d’indiquer l’amplitude des marées sur la côte, en délimitant les marées basses des marées hautes. Ils ont dessiné aussi la sortie du « Barbot » sur la plage (flèche verte) et représenté la digue construite au bord du fleuve en 1732 pour redresser la sortie de l’Adour dans son axe initial ouest nord-ouest (flèche orange).

Carte G de J-N. BELLIN datant de 1762 et provenant des archives numériques de la Bibliothèque Nationale de France (BNF).
Carte G de J-N. BELLIN datant de 1762 et provenant des archives numériques de la Bibliothèque Nationale de France (BNF).

On note l’absence de plage à marée haute dans la baie de la Petite Chambre d’Amour(flèche bleue). Il en est de même pour la célèbre grotte qui semble avoir les pieds dans l’eau…(point rouge)

En 1826, les progrès en hydrographie sont considérables et les cartes de C.F. Beautemps-Beaupré, ingénieur de renom, s’imposent comme des références toujours utilisées aujourd’hui. Une chance pour nous qu’il ait eu la bonne idée de naviguer devant la côte angloye et de livrer son travail sur la carte suivante:

G: Carte particulière des côtes de France (environ de Bayonne) levée en 1826 par les ingénieurs hydrographes de la marine sous les ordres de Charles-François Beautemps-Beaupré, ingénieur hydrographe en chef (Archives numériques de la Bibliothèque Nationale de France)
G: Carte particulière des côtes de France (environ de Bayonne) levée en 1826 par les ingénieurs hydrographes de la marine sous les ordres de Charles-François Beautemps-Beaupré, ingénieur hydrographe en chef (Archives numériques de la Bibliothèque Nationale de France)

La carte marine G de Beautemps-Beaupré du début du 19 ème siècle reste fidèle à l’évolution de la côte angloye du siècle précédent. Quelques nouveaux détails sautent aux yeux comme l’apparition d’un grand lac au sud de l’embouchure (cercle orange), formant aujourd’hui les deux lacs du parc d’Izadia, et le lac de Chiberta situé plus dans les terres(cercle vert). Ils correspondent aux anciennes embouchures de l’Adour qui existaient au 18 ème siècle. L’avancée de la terre a donné naissance à des dunes littorales qui ont permis aux vignerons d’y planter de nouvelles vignes. On constate désormais qu’une grande partie du littoral s’aligne avec la fin de la côte Landaise. Les plages de la Chambre d’Amour(cercle bleu) sont encore en retrait. La baie de la petite Chambre d’Amour ainsi que sa grotte(point rouge) ne présentent toujours pas de plage à marée haute…

Vers 1890, la côte angloye semble avoir encore progressé sur la mer:

Carte H de Bernard Saint-Jours datée de 1890. (Archive BNF)
Carte H de Bernard Saint-Jours datée de 1890. (Archive BNF)

Sur la carte H, on s’aperçoit que la quasi totalité du littoral est devenu rectiligne. Seul subsiste une petite anomalie à l’embouchure avec la présence d’un énorme banc de sable en forme d’haricot, plage de la Barre.
L’apparition d’une route à la petite Chambre d’Amour signifie qu’en soixante ans, suffisamment de sable s’y est accumulé pour y permettre le passage des charrettes et des carrosses (flèche orange)! En 1867, l’ingénieur ordinaire des Ponts et Chaussées y signale la présence d’une dune sur laquelle pousse maintenant le fameux raisin(6). Enfin on voit, au même endroit, la présence du premier établissement de bains construit en 1884. La grotte de la Chambre d’Amour signalée par le point rouge a désormais les pieds au sec…

En 1926, le syndicat d’initiative du pays basque publie une carte dont les relevés topographiques sont plus anciens et donnent une idée du maximum de terre gagné sur la mer à Anglet.

Carte I de la région du BAB éditée en 1926 par le syndicat d'initiative du Pays Basque de Bayonne. (Archives BNF)
Carte I de la région du BAB éditée en 1926 par le syndicat d’initiative du Pays Basque de Bayonne. (Archives BNF)

Sur la carte I, l’hippodrome, construit au sud de l’embouchure au début des années 1870, semble s’être éloigné de la mer avec le temps. Il y a même eu une extension derrière la tribune avec une cour et des bâtiments spécialisés pour accueillir les chevaux de compétition (flèche orange).
Du côté de la Chambre d’Amour(flèche verte), la mer a abandonné la pointe rocheuse du même nom et n’est plus du tout cernée par les eaux à marée haute…..Bien que la côte soit déjà en érosion au moment de la levée de cette carte, elle n’en reste pas moins le témoin du maximum de terre gagné sur la mer depuis 7 000 ans!(*)
Alors que toute la côte aquitaine est entrée en érosion il y a environ 2000 ans, suite à l’épuisement naturel des réserves sableuses, le littoral angloy, situé à la fin de la dérive littorale aquitaine, semble se présenter comme un vrai paradoxe méridional!

Après ce petit survol de la côte angloye avec des cartes anciennes, rentrons maintenant dans le détail avec des constats précis qui confirment les premières impressions. Le grand chantier du détournement de l’Adour et les péripéties qui en découlent, ont eu le mérite de laisser derrière eux de nombreux récits d’ingénieurs témoignant de l’évolution du trait de côte angloy au cours de cette période.

B- Des constats scientifiques au nord de la côte angloye.

Voici l’historique des aménagements à l’embouchure du fleuve entre 1578 et 1978:

Schéma J: Historique des endiguements à l'embouchure de l'Adour de 1578 à 1978, (J.-L. DELORME, Le port de Bayonne 1978)
Schéma J: Historique des endiguements à l’embouchure de l’Adour de 1578 à 1978, (J.-L. DELORME, Le port de Bayonne 1978)

Après le détournement de l’Adour, les ingénieurs du Génie Militaire se sont appliqués à construire des digues, les unes à la suite des autres et toujours plus à l’ouest pour canaliser la sortie du fleuve dans l’axe que lui avait donné Louis de Foix en 1578 (schéma J). A partir de 1808, les ingénieurs des Ponts et Chaussées reprennent la tâche et doivent à leur tour lutter en permanence contre le débordement des sables venant de la côte nord.(carte F et 5 et 27, p97 et photo J2)

J-C DELORME relève dans son étude « Le port de Bayonne »(7), que les ingénieurs des Ponts et Chaussées ont conclu que les plages, avec la dérive littorale, avaient progressé en même temps que les ouvrages d’endiguement et que le phénomène avait duré jusqu’en 1892.

Photo J2: Vers 1845, les jetées basses de bois encadrent la sortie du fleuve. Le banc de sable dans le cercle orange déborde depuis la côte nord pour combler le chenal. (Photo issu du Fond d'Auguste Peigné, Bibliothèque Boucau)
Photo J2: Vers 1845, les jetées basses de bois encadrent la sortie du fleuve. Le banc de sable dans le cercle orange déborde depuis la côte nord pour combler le chenal. (Photo issu du Fond d’Auguste Peigné, Bibliothèque Boucau)

J.J.A. Bouquet de La Grye, célèbre ingénieur hydrographe des côtes françaises, dans un rapport pour le ministre de la Marine, s’interroge à son tour en 1861 sur les travaux de la Barre de l’Adour: « Les aménagements de l’embouchure du fleuve stopperont-ils l’ensablement et l’avancée de la terre sur la mer liés à l’arrivée massive du sable du nord vers le sud? » Sa conclusion est « évidemment non ! » et il ajoute que « le pis d’arriver serait de rajouter quelques mètres tous les vingt ans aux digues de l’embouchure!« (8)

Sur le schéma J, on aperçoit les deux tours de pilotage construites à 132 ans d’intervalle. Si l’on mesure la distance qui les séparent aujourd’hui, on trouve une longueur de 640 mètres.

Photo K: Entrée de l'Adour en 2006, origine Google Earth
Photo K: Entrée de l’Adour en 2006, origine Google Earth

La première tour de guidage fut construite en 1734 pour aider visuellement les navires à franchir la Barre. 132 ans plus tard, suite à l’avancée de la terre sur la mer, une nouvelle tour de guidage est nécessaire et construite plus à l’ouest pour offrir une meilleure visibilité aux navires en approche. (Photo K)

Dessin antérieur à 1838 de Blanche Hennebutte montrant la première tour de guidage construite vers 1734.
Dessin antérieur à 1838 de Blanche Hennebutte montrant la première tour de guidage construite vers 1734.
Le même endroit, photographié en 2013. L’ancienne tour fut démontée et sert, aujourd’hui, de capitainerie du port. La nouvelle a été construite 640 mètres plus loin vers 1866
Le même endroit, photographié en 2013. L’ancienne tour fut démontée et sert, aujourd’hui, de capitainerie du port. La nouvelle a été construite 640 mètres plus loin vers 1866

En 1869, les Ponts et Chaussées font le point des connaissances sur l’évolution de l’embouchure de l’Adour:

Dessin L extrait des relevés établis par les ingénieurs des Ponts et Chaussés, publiés en 1869 (Archive départementale de Pau, Fond de la préfecture Sous Série 4 S 202, Service Maritime)
Dessin L extrait des relevés établis par les ingénieurs des Ponts et Chaussés, publiés en 1869 (Archive départementale de Pau, Fond de la préfecture Sous Série 4 S 202, Service Maritime)

Les tracés colorés et datés du dessin L correspondent aux différents traits de côte relevés à l’embouchure de l’Adour sur 5 dates. Au fur et à mesure que les années s’écoulent, on voit nettement que la terre gagne sur la mer à un rythme moyen de 2 mètres par an au nord et de 4,5 mètres par an au sud et ce, pendant les 170 années observées. L’embouchure de l’Adour est bien en phase d’engraissement jusqu‘à la fin du 19ème siècle! Ce fait important va à l’encontre des idées reçues, comme le précisait P-Y Landouer, ingénieur à la DDE de Bayonne en 1990.(14)

Les terrains gagnés sur la mer au nord d’Anglet sont énormes. Ils seront utilisés dans un premier temps pour y faire pousser des vignes, avant qu’on y implante l’hippodrome de la Barre en 1870. Rien n’inquiète le propriétaire de ce nouveau terrain de sport, qui fait construire des tribunes et des écuries, dos à l’océan entre la plage et le champs de course! (voir carte I)

L'hippodrome de La Barre début 1900, construit sur les terres nouvellement formées et composées uniquement de sable.
L’hippodrome de La Barre début 1900, construit sur les terres nouvellement formées et composées uniquement de sable.

Entre 1578 et 1892, l’accumulation excessive de sable sur les plages d’Anglet aura permis de gagner près de l’embouchure plus de 900 mètres de terre sur l’océan, créant ainsi des lacs, des surfaces dunaires et des terrains boisés.

C- Des constats scientifiques au sud de la côte Angloye.

– Début 1800, Jean Thore, médecin et botaniste français, s’intéresse de près à la nature géologique des sols du sud-ouest de la France et à ses rapports avec la santé humaine. Il profite de son passage à Bayonne pour faire une description géologique de la Chambre d’Amour et de son évolution. Il écrit:  » La côte se présente telle quelle, rocheuse devant l’auteur mais il entend qu’elle devait être jadis plus importante avant d’être érodée par les vagues et envahie par les sables…. » puis il signale un peu plus loin la présence d' »Une grande anse dont une partie est accessible uniquement lors des très basses marées. Dans tout le reste, la mer s’y brise avec un fracas épouvantable.« (9, page 292) Il laisse entendre que les « falaises mortes » de la petite Chambre d’Amour d’aujourd’hui étaient (photo M), il y a 200 ans, des falaises vives balayées par les vagues!

Photo M: les falaises mortes de la petite Chambre d’Amour durant l'hiver 2013 sont composées de grès et de calcaire gréseux
Photo M: les falaises mortes de la petite Chambre d’Amour durant l’hiver 2013 sont composées de grès et de calcaire gréseux

– En 1836, Félix Morel observait que les eaux de la marée montante n’arrivaient plus à la grotte et les sables chassés par les vents en embarrassaient l’entrée. « c’est en se traînant sur le ventre qu’on peut pénétrer dans la grotte… » (27)

– En 1850, la municipalité a alloué une somme d’argent pour procéder au déblaie de la grotte…et de l’entretenir, car elle était submergée par les sables et était en train de disparaître pour toujours.(32 p18)

Dessin de Henry Charles Landrin de 1854 montrant la grotte submergée par les sables. (Collection Musée Basque; pièce E 2229.42)
Dessin de Henry Charles Landrin de 1854 montrant la grotte submergée par les sables. (Collection Musée Basque; pièce E 2229.42)

– En 1858, l’ingénieur Vionnois des Ponts et Chaussées rédigeait dans son rapport: «  La chambre d’Amour, autrefois baignée par la mer, aujourd’hui ne l’est plus et se trouve obstruée par les sables, qui ont doublé la pointe qui porte le même nom et s’appuient actuellement sur les rochers de la pointe St Martin. Au début de ce siècle, la première de ces pointes ne découvrait que lors des marées de vives eaux, qui maintenant l’atteignent seules. La mer a donc abandonné son littoral en cette partie, par suite de l’accumulation des sables, et on évalue sa marche rétrograde à près de 3 mètres par an« (5, page 276)

Schéma O: extrait des relevés établis par les ingénieurs des Ponts et Chaussés publiés en 1870 (Archive départementale de Pau, Fond de la préfecture Sous Série 4 S 202, Service Maritime)
Schéma O: extrait des relevés établis par les ingénieurs des Ponts et Chaussés publiés en 1870 (Archive départementale de Pau, Fond de la préfecture Sous Série 4 S 202, Service Maritime)

Suite au calcul des limites du territoire maritime effectués entre 1861 et 1870, l’engraissement de la plage de la Chambre d’Amour est évalué en moyenne à 3 mètres par an et ce, à 4 kilomètres de l’embouchure! La végétation dunaire sur le haut de la plage, a elle aussi progressé. Enfin, les relevés bathymétriques à -10 mètres au droit des plages montrent là aussi une progression des plages sous marines et des petits fonds vers le large. (Schéma O)

F. de la Roche Poncié, ingénieur hydrographe de la fin du 19 ème siècle, signale en 1878 dans ses recherches que les plages au nord de la pointe Saint Martin s’avancent chaque année dans la mer, et qu’il en est de même de la Grande Plage à Biarritz qui en 50 ans à progressé de 84 mètres.(10)

Cette circulation du sable entre la Chambre d’Amour et la Grande plage de Biarritz est liée au rapprochement des petits fonds et des plages sous marines devant la pointe St Martin suite à l’engraissement de la côte angloye par la dérive littorale nord sud. Soixante dix ans plus tôt, J. Thore laissait déjà entrevoir cette évolution: « L’auteur avait déjà remarqué un transit nord-sud qui nourrissait les plages de Biarritz et du vieux port par les plages d’Anglet et le nord« .(9, page 289). L’échange sédimentaire entre les plages d’Anglet et celles de la grande plage de Biarritz était un phénomène qui prennait de l’ampleur. Cette accumulation de sable contre la pointe Saint Martin a dû, au cours du 19 ème siècle, participer grandement à la protection de ses falaises en diminuant le travail de sape infligé par les vagues.

Schéma P: extrait des relevés établis par les ingénieurs des Ponts et Chaussés publiés en 1869 (Archive départementale de Pau, Fond de la préfecture Sous Série 4 S 202, Service Maritime)
Schéma P: extrait des relevés établis par les ingénieurs des Ponts et Chaussés publiés en 1869 (Archive départementale de Pau, Fond de la préfecture Sous Série 4 S 202, Service Maritime)

Fort de cet engraissement sédimentaire sans fin, l’Etat attribut à la ville d’Anglet en 1872 les nouveaux territoires gagnés sur l’océan. (Schéma P)

Entre 1578 et 1892, la terre aura gagné à la Chambre d’Amour au minimum 300 mètres sur l’océan créant le charme incontestable de ses plages, que même Napoléon vint chevaucher à plusieurs reprises au début du 19 ème siècle!

Carte postale datée début 1900, laissant imaginer l'étendue des terres gagnées sur la mer et le charme d’antan de ce lieu.
Carte postale datée début 1900, laissant imaginer l’étendue des terres gagnées sur la mer et le charme d’antan de ce lieu.

Depuis son ouverture à Boucau, l’embouchure de l’Adour a progressé d’environ 1000 mètres vers le large(14) malgré le réchauffement climatique (anthropocène), et le littoral voisin s’est orienté perpendiculairement à la direction des houles incidentes »(4). Il est très clair et très net que les plages d’Anglet vivent depuis plusieurs siècles, voire même depuis 7000 ans, un vrai paradoxe qui va à l’encontre des idées reçus avec l’avancée de la terre sur la mer, alors que la côte aquitaine recule inexorablement depuis plusieurs siècles. Ce phénomène est si important qu’il alimente progressivement les plages de Biarritz depuis plusieurs décennies.

Bilan de l’évolution du littoral entre 1578 et 1896.
Bilan de l’évolution du littoral entre 1578 et 1896.

 

Le sable littoral, un bien précieux à préserver!